Translation:The Greek Skeptics/Introduction I

The Greek Skeptics  (1887)  by Victor Brochard, translated from French by Wikisource
Introduction I

The history of skepticismEdit

Chapter I: Presocratic PhilosophyEdit

If we are to believe certain skeptics, we do not have to go too far back to find the origins of skepticism: they lie with the origins of human thought itself. "Some skeptics," Diogenes Laërtius[1] tells us, "consider Homer to be the precursor of their sect, because more than any other, he says different things about the same topics, never defining nor expressly affirming." Il suffisait aussi qu'on trouvât chez les sept sages des maximes telles que celles-ci: Rien de trop; ou Promesse, cause de ruine, pour qu'on les rangeât parmi les ancêtres du scepticisme. Mais il est à peine besoin de remarquer que des telles assertions, inspirés parle désir, si fréquent chez les Grecs, de justifier tout ce qu'on avance par une citation d'Homère, reposent sur une équivoque. La mobilité d'esprit et l'inconsistance des pensés sont autre chose que le doute; la prudence et la réserve dan les choses d'ordre pratique, la crainte des engagements téméraires, telle que l'expérience de la vie suffit à l'inspirer, ne sont pas encore le doute théorique, tel que la réflexion seule peut le faire naître. Enfin le doute lui-même n'est pas le scepticisme. C'est du doute seulement qu'on pourrait dire qu'il est à peu près contemporain de la pensée humaine; car, pour un esprit qui réfléchit, la découverte de la première erreur suffit à inspirer une certaine défiance de soi; et combien de temps a-t-il fallu à des esprits un peu attentifs pour s'apercevoir qu'ils s'étaient plus d'une fois trompés?

In proper language, the word "skepticism" may be used to describe the state of a mind that not simply doubts, but that doubts for scientifically determined reasons. Yet is this not the true and final meaning, because, if it were, which philosopher would not be a skeptic? La philosophie, en tant qu'elle se distingue du sens commun et s'élève au-dessus de lui, conteste toujours quelques-unes de ses manières de voir, récuse quelques-unes de ses raisons de croire; en an sens, il y a du scepticisme en toute philosophie. A true skeptic is not someone who deliberately doubts and reflects on his doubt; he is not even one who believes nothing and asserts that nothing is true, autre signification du mot qui a donné lieu à bien des équivoques: c'est celui qui de propos délibéré et pour des raisons générales doute de tout, excepté des phénomènes, et s'en tient au doute.

Of these three forms of skepticism, on admettra sans peine que la première précède naturellement les deux autres et y conduit. Cette sorte de scepticisme, fort improprement nommée, qui consiste à douter sciemment de plusieurs choses, est l'antécédent naturel de ce scepticisme qui nie toute vérité. Et le scepticisme qui nie toute vérité, en vertu de la disposition de l'esprit humain à aller toujours d'un extrême à l'autre, comme un pendule qui ne trouve pas du premier coup son point d'équilibre, précède aussi ce scepticisme qui ne sait pas si quelque chose est vrai et n'affirme rien au delà des apparences.

The first two forms of skepticism can be seen as the seeds of true skepticism. In history, they appear long before skepticism is finally established. Quelle que fût la naïve confiance que la pensée humaine avait en elle-même, il était impossible que dès ses premiers pas elle n'aperçût pas quelques-uns des obstacles auxquels elle se heurtait, et n apprit pas de bonne heure à se défier d'elle-même. We also see signs of skepticism in the early days of philosophy, among Presocratic philosophy, especially among the Sophists, as well as in Socratics.

I.Edit

Peut-être, si nous possédions sur Les premiers philosophes de la Grèce des renseignements plus complets, trouverions-nous chez eux des réflexions sur les limites et les difficultés de la science, analogues à celles que nous rencontrons chez leurs successeurs, et qui s'offrent si naturellement à l'esprit de tous ceux qui poursuivent la vérité. Toutefois, tandis que les éléates, Héraclite



  1. IX, 71.